FrancePays de maux

Un Député à la rencontre des gilets jaunes à Coutevroult (77)

Jean-Michel Fauvergue, député LREM de la 8eme circonscription de Seine-et-marne, s’est rendu mercredi soir au péage de Coutevroult pour discuter avec les gilets jaunes.
Tapage était là.

Il faut d’abord saluer la démarche qui, pour un élu,  représente un exercice assez périlleux.   En premier lieu parce que les conditions pratiques d’un tel exercice sont peu confortables et que le bruit général renforcé par les coups de klaxon des véhicules sympathisants ne favorise pas l’argumentation politique. Mais aussi parce que ce genre de confrontation se résume rapidement à un long catalogue de doléances individuelles auxquelles un député ne peut apporter évidemment aucune réponse à court terme. On notera toutefois la teneur générale des demandes et des préoccupations qui se sont exprimées : avant toute chose,  c’est la faiblesse des salaires qui est pointée. Faiblesse du salaire direct avec la difficulté de se déplacer en raison du prix des carburants, la difficulté de se loger décemment ou celle – encore plus douloureuse parce qu’elle touche à l’intimité familiale – d’acheter des cadeaux à ses enfants pour Noel. Mais aussi,faiblesse du  salaire socialisé – même si cette expression n’apparait pas ainsi dans ces revendications – car a émergé dans de nombreuses prises de parole l’extrême difficulté que rencontrent les classes populaires pour se soigner et avoir recours aux services publics en général. 

Tapage s’est risque à « politiser » le débat en évoquant le rôle de l’Union européenne et de l’euro dans cette dérive austéritaire. Le député Fauvergue,  qui avoue lui-même être rentré très récemment en politique, a alors totalement éludé nos questions en les qualifiant d’ “incompréhensibles”. A l’heure où le peuple français exprime une révolte profonde et résolue, on reste tout de même étonné de voir un député ne pas comprendre que les dogmes de la concurrence libre et non faussée et de la monnaie forte sont l’origine de cet affaiblissement généralisé du salariat.

 Non M Fauvergue , votre indéniable bonne volonté ne suffira pas à résorber l’exaspération populaire ! Il faudra un changement radical du modèle néo-libéral qu’incarne M Macron, votre grand chef, par ailleurs vassal de l’oligarchie bancaire, et dont les gilets jaunes pour la plupart demandent la démission !