Le vaillant petit canard né sur les rives de la Marne

Le Tapage 48 est arrivé dans toutes les boites !

By | Tapage 48

D’une tension à l’autre

Partons d’une constatation indéniable : nous sommes tous soumis à la gravitation universelle. On peut n’y accorder aucun intérêt ou passer sa vie à l’étudier avec des équations complexes ou encore chercher les moyens sophistiqués de la défier en volant dans les airs. Mais  personne, strictement personne, ne peut s’en affranchir. En politique c’est pareil. Le capitalisme subit lui aussi une loi universelle et tendancielle imparable : celle de ses propres contradictions.
Et comme la gravité avec les corps, ces contradictions entrainent les capitalistes dans une chute inexorable qu’ils tentent vainement de retarder.

Lula avait l’adhésion du peuple brésilien ; alors il  a fallu l’emprisonner et soutenir un nostalgique de la junte militaire. Le peuple italien refuse les diktats de Bruxelles ; alors il faut le diaboliser en le présentant comme un peuple intrinsèquement fasciste et raciste. Les anglais ont voulu sortir de l’Union Européenne ; alors il faut leur faire peur, les isoler, les sanctionner, les punir. Des leaders d’opposition deviennent populaires ; alors il faut les discréditer et perquisitionner à leur domicile comme on le fait pour des malfrats.  Oui, la liste serait longue de toutes ces branches vérolées auxquelles le capitalisme essaie pitoyablement de se raccrocher. Une des pires est cette oligarchie médiatique servile qui tente encore de nous faire croire qu’en dehors de la loi pure du marché libre et non faussé,
il n’y a que le chaos du fascisme.

Citoyens, ne nous laissons pas entrainer dans cette chute dont on perçoit l’accélération progressive. Car on connaît le remède : un peuple souverain se dotant ne nouvelles institutions pour promouvoir un modèle social, laïque et internationaliste.

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Les Mont-Gardés

By | Tapage 47

Bienvenue aux Mont-Gardés, enclave de 35 hectares située entre Meaux et Paris, coincée entre les inter-connexions des lignes TGV et la RN3. Depuis le début des années 2000, une équipe de courageux paysans mène un travail expérimental d’agroécologie «in situ».  Ici, tout est en équilibre. Les animaux (moutons, cochons, poules, chevaux…) participent à la fertilisation de la terre, aux côtés de la faune sauvage, que les hommes cultivent sans aucun apport chimique… naturelement. La production est ensuite distribuée par une AMAP. Le vivant y est respecté et valorisé,  à commencer par les arbres et leur indispensable apport organique. La complémentarité entre les différentes espèces de végétaux et de cultures est la base de l’agroforesterie qu’ils promeuvent et que de nombreux adeptes viennent étudier sur place durant des stages de plusieurs semaines. Passer, aux Mont-Gardés, c’est commencer à comprendre l’équilibre entre l’ordre végétal, minéral et le vivant, la vie quoi !

EN SAVOIR PLUS : allez là.

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By | Tapage 47

« La  Révolution !  Très peu pour moi ! Pour ce que ça va changer ! Rechercher la transformation sociale, c’est une lubie d’adolescent en mal d’idéal romantique, merci bien j’ai passé l’âge ! Mai 68, c’est fini, un autre monde est en marche, gouverné par la technologie, la compétition économique et la mondialisation ! Tout le reste est une chimère pour les « loosers » ! La société produit mécaniquement ses règles et vouloir  les infléchir  c’est la certitude de faire pire ! Regardez ces pays communistes qui ont essayé : c’était l’enfer du goulag … ! » 

Nous avons tous entendu ce discours.
Avec quelques variantes historiques, c’était celui de Thiers avant de massacrer les communards, de Pétain avant de se soumettre au IIIème Reich, de Franco avant de bombarder Guernica, de Pinochet avant de renverser Allende, de Nixon avant de déverser du napalm sur les populations civiles du Vietnam, de Giscard avant de pondre une Constitution ultra-libérale  pour l’Europe, et de Macron avant de détruire nos services publics et se faire introniser Vénérable Grand Chanoine de la paroisse œcuménique de Latran.
Bonnes vacances à tous !

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Pays de Meaux : des couacs dans les subventions accordées aux écoles de musique

By | Pays de maux, Tapage 46

C’est arrivé pendant la séance du conseil communautaire du vendredi 6 avril 2018. Certains élus de la communauté d’agglomération ont eu le culot de s’offusquer de la disparité des subventions accordées aux différentes écoles de musique des communes du Pays de Meaux. Jugez plutôt : 200€ par adhérent pour la commune de Chauconin-Neufmontiers, 400€ pour Mareuil-lès-Meaux et jusqu’à 700€ pour la commune de Villenoy ! Bigre, qu’est-ce qui peut justifier une telle modulation dans la gamme ?
Droit dans ses bottes l’édile en chef de la CAPM s’est justifié : « nous nous sommes basés sur ce que les collectivités donnaient aux écoles de musique avant le transfert de compétences ».
En clair, que les écoles de musique soient désormais sous le giron de l’interco ne permet même pas la mutualisation de leurs ressources ! On voit mal, Jean-François, l’intérêt d’intégrer les écoles de musique dans les compétences de l’intercommunalité si elles continuent de percevoir les mêmes subventions que lorsqu’elles étaient sous la responsabilité des communes ? L’objectif des intercos est-il de maintenir les disparités de ressources entre les communes membres ou de tendre vers la mutualisation ?
Pourtant, toute la taxe professionnelle de la zone d’activité des Saisons de Meaux, (située sur la commune de Chauconin-Neufmontiers) alimente désormais le budget intercommunal…
Dans les villages du Pays de Meaux, on a du mal à comprendre le principe d’une interco…

Une “enquête” est en cours… Nous vous tiendrons au courant de l’évolution de ce sujet révélateur de la notion d’équité à l’intérieur des structures intercommunales.

Hôpital de Melun (77) : quand le privé s’accroche !

By | Tapage 46

Les cliniques Saint-Jean et L’Ermitage sont en redressement judiciaire. A ce jour, trois établissements ont fait une proposition de reprise :
•Le groupe privé Saint-Gatien qui possède déjà la clinique des Fontaines à Melun, la clinique de La Forêt à Fontainebleau, la clinique de Tournan-en-Brie, la clinique Saint-Faron à Mareuil-les-Meaux ainsi que 4 autres cliniques en France. C’est l’un des principaux groupes de santé privée en France avec 1 200 lits, plus de 1 800 salariés, 330 000 patients…
•Le groupe privé DocteGestio, un des plus gros groupes de l’économie sociale qui possède déjà 7 cliniques (dont la clinique Saint-Brice à Provins), 5 centres de santé, 17 cabinets dentaires… avec 1 600 salariés.
•Le Groupement Hospitalier du Sud Ile de France (GHSIF), c’est-à-dire l’hôpital public de Melun.

Mais l’ARS (Agence Régionale de Santé) fait obligation à tout repreneur de respecter le caractère privé de l’établissement. En clair, même dans ce dernier cas, l’hôpital public serait, propriétaire de cliniques… qui resteraient toujours privées !

Le Tapage 46 est dans les kiosques (numériques) !

By | Tapage 46

Ce n’est pas un hasard si le service ferroviaire concentre en ce moment les tensions sociales de la période.  Car il existe  deux façons de le concevoir,  portées par des modèles sociaux incompatibles. D’un côté  un Service Public avec l’Etat comme garant et investisseur, dans le prolongement de l’essor du train en France au 19eme siècle (P6 et 7) qui a structuré nos territoires (P10 et 11). De l’autre un pur marché régi par la concurrence  souvent faussée (P8 et 9) et que certains pays – comme le Royaume-Uni (P14) ou l’Argentine (P12) – ont adopté avec des résultats souvent catastrophiques. En France, sur cette question, une lutte s’installe qui s’appuie sur le droit de grève (P13), une des bases de notre démocratie. Espérons ensemble que son issue soit favorable aux salariés, c’est à dire à leur  environnement social… et naturel (P16 et 17).

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Alors joyeux mois de mai !

Ils font notre grève…

By | France

La grève de la SNCF va bien au-delà de ce qui peut apparaître comme un mouvement de revendication propre à une catégorie de salariés. Chacun de nous a bien conscience qu’en défendant leur statut, c’est le principe même d’un statut quel qu’il soit que les cheminots s’efforcent de préserver et donc l’existence même du statut de la fonction publique. Plus de statut, plus de fonctionnaires, plus de fonction publique. Outre la légitimité de leur action, c’est tout un pan de notre organisation sociale qu’ils défendent. Ils font notre grève.

Comment les soutenir ? C’est la question que chaque citoyen attaché aux valeurs républicaines devrait se poser puisque l’on sait bien que l’aide financière ne pourra suffire. Comment contrebalancer l’influence démobilisatrice des médias qui montrent encore une fois leur servilité constitutive envers un pouvoir de moins en moins légitime ? La réponse renvoie à notre perception individuelle de l’urgence sociale. En fait tous les moyens non violents sont bons. Faire signer des pétitions, se renseigner via les réseaux sociaux, écrire et agir dans nos organisations syndicales, politiques, associatives, se déplacer pour soutenir moralement et financièrement tous les camarades en grève, participer aux manifestations …A chacun de dépasser le sentiment de frustration et d’impuissance qui peut nous saisir devant une télévision formatée et de trouver sa place et  prendre sa responsabilité dans un moment  crucial du rapport de forces. 

Nous devons agir en gardant  à l’esprit les grandes caractéristiques de la période : le capitalisme financiarisé se comporte comme un prédateur blessé. Il est empêtré dans ses propres contradictions qui n’en finissent pas de produire des crises bancaires, des crises humanitaires et des inégalités indécentes. A l’image d’un Macron qui semble confondre une église avec une bourse du travail, l’oligarchie affiche ouvertement son mépris des salariés que ce soit dans  la fonction publique, le monde syndical et l’université. Elle a uniquement le besoin urgent, vital pour elle, de conquérir de nouvelles proies que sont les marchés juteux, du transport, de l’éducation et de la santé. Utilisant la dette comme prétexte, l’Union Européenne comme cadre juridique, et l’extrême droite comme allié objectif, elle est prête à toutes les trahisons pour arriver à ses fins. Soyons sûrs qu’elle ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Il faut la stopper le plus tôt possible avant que le démantèlement  de notre modèle social n’ait pris une forme irréversible.

 L’équipe de Tapage


Illustration : Christine Lesueur – Iconovox

Que peuvent faire les communes contre les inégalités ?

By | France, Tapage 45
Les communes ont des moyens bien modestes en comparaison de ceux de l’Etat ou de la protection sociale. Néanmoins, la proximité et la relation quotidienne des services municipaux avec les habitants sont des atouts essentiels pour les communes qui disposent de plusieurs leviers d’action contre les inégalités et pour la solidarité.
La fiscalité locale

Les communes ont de moins en moins de maitrise sur leurs propres ressources. Après la taxe professionnelle, elles sont en train de perdre la taxe d’habitation qui est une de leurs ressources essentielles. La fiscalité locale est souvent considérée comme obsolète et inégalitaire. Obsolète d’abord, car les impôts sont proportionnels aux valeurs locatives des logements dont les bases n’ont pas été revues depuis les années 1970. Ainsi, les évolutions entre les quartiers et entre les communes qui ont pu soit péricliter soit se développer fortement ne sont pas prises en compte. Par exemple, les logements sociaux, qui à une époque pouvaient être synonymes de confort, sont surtaxés par rapport aux habitations des centres-villes réhabilités. Mais plutôt que de réformer en profondeur ce système, le gouvernement a décidé de supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des foyers puis sans doute pour 100 % à terme. La compensation promise « à l’euro près » laisse à juste titre très sceptiques les élus locaux. En tout état de cause, il s’agit de priver les communes d’une part de leur autonomie financière. Inégalitaire aussi, car les taux sont uniques par commune et non pas fonction du revenu des ménages.

Les communes peuvent tout de même moduler les taux d’imposition pour se donner les moyens de mettre en œuvre des politiques qui réduiront les inégalités mais aussi accorder des exonérations aux ménages modestes qui ne sont pas déjà exonérés (personnes âgées, handicapés, invalides, veufs).

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